Interview with Galerie Mathias Coullaud, Paris

What are your artistic origins?

I was born in Cameroon to a French mother and Austrian father. I travelled from a very early age, in person, and also by listening to my parents’ stories. I have been living in Brooklyn, New York since 2008. The source of my art is life, the feeling of being alive. Art is an attempt to hold onto that sensation.

Did you choose painting and drawing or did the media choose you?

As a child, drawing was the most accessible artistic medium. Painting came later, as I was growing up, along with discovering how complex the world is. I was independent, solitary, I could decide everything, at any moment, and commit the immediacy of my feelings to a sheet of paper or a canvas. Of course, that is self-evident, but all obvious facts need to be perpetually challenged if they are to remain true to life. Feelings are not stable objects. We need to move with them. Sometimes you have to adapt, and at other times, guide them.

The artistic guidelines of the Gallery are centred on an ironic, satiric and offbeat vision of the world. Do you recognize yourself in this approach?

Let me just say this:
Generally speaking, I have no imagination. Our societies are filled with pictures and images, compared with which imagination has become a poor man’s dish. I am naturally thoughtful. All my work derives from contemplation. To help me understand the real world, to build a mental image of its reality, I need to use fiction, to invent a personal mythology and play with the stereotypes and archetypes invented by our societies. To do this, I use certain principles or figures, such as the idea of a topsy-turvy world, buffoon characters, fables, allegories, etc. Drawing on the world of childhood is particularly productive since it is not entirely contaminated by the adult world. There, it is easy to slip between subjects and very productive. In the same way that children pass from joy to melancholy in the space of a second, I try to express the complexity of a sensation through a synthetic image. I never try to formulate any sort of criticism or include a moral, or even an opinion, within my work. Paintings are not the place for that. A moral reduces the impact of a work as well as its scope. That is my opinion. My ambition is to produce a raw, sensational, irreducible, ‘classic’ piece of art, using sophisticated means.

Gregory Forstner/Galerie Mathias Coullaud, 2015

Any inquiries, please contact the galerie.

Coming up:

Solo show at galerie Mathias Coullaud : March 2016

Art Fair: DRAWING NOW, March 30, 2016

Website:

http://www.mathias-coullaud.com/en/site-content/37-artistes/136-gregory-forstner-121

Gregory Forstner "Le déjeuner sur L"Herbe" - 2015, 250x200 cm, oil on linen, Private collection (Germany)

Gregory Forstner "Le déjeuner sur L"Herbe" - 2015, 250x200 cm, oil on linen, Private collection (Germany)

French version:

Quelles sont tes origines d’artiste ?
Je suis né au Cameroun, d’une mère française et d’un père autrichien. J’ai voyagé très tôt, physiquement, et aussi à partir des récits racontés par mes parents. Depuis 2008, je vis à Brooklyn, New York. L’origine de ma pratique est la vie, la sensation d’être vivant. L’art est une tentative de fixer ma sensation.

As-tu choisi la peinture / le dessin ou ces médias se sont ils imposés a toi ?
Le dessin, lorsque j’étais enfant, était le moyen le plus accessible. La peinture est venue ensuite, en grandissant, en même temps que la complexité du monde. J’étais indépendant, solitaire, je pouvais décider de tout et à chaque instant, et tenir l’immédiateté de ma sensation sur une feuille, un tableau. C’est une évidence, en effet, mais l’évidence est une matière qui nécessite d’être perpétuellement remise en question pour rester vivante. Une sensation n’est pas un objet stable. Il faut bouger avec. Il faut parfois s’adapter, et à d’autres moment, la conduire.

La ligne artistique de la Galerie se concentre sur une vision du monde ironique, satirique et souvent décalée, te reconnais-tu dans cette approche ?
Disons les choses comme ça:
De façon générale, je n’ai pas d’imagination. Nos sociétés sont remplies d’images et de clichés, à côté desquelles l’imagination est un plat du pauvre. Je suis naturellement contemplatif. Tout mon travail vient de la contemplation. Pour m’aider à comprendre le réel, afin de me figurer sa réalité, il m’est nécessaire de passer par la fiction, par l’invention d’une mythologie personnelle et de jouer des stéréotypes et des archétypes inventés par nos sociétés. Pour se faire, j’utilise certains principes, ou figures, telles que le concept du monde à l’envers, la figure du bouffon, les fables, des allégories, etc. La connection avec le monde de l’enfance est particulièrement productif car il n’est pas entièrement contaminé par le monde des adultes. Les glissements sont donc rapides et productifs. De la même manière que l’enfant passe, d’une seconde à l’autre, de la joie à la mélancolie, je tente de formuler la complexité d’une sensation en une image synthétique. En aucun cas, je ne cherche à faire une quelconque critique ou bien à importer une morale, ou bien une opinion, à l’intérieur de mon travail. L’espace du tableau n’est pas ce lieu. La morale réduit l’impact de l’objet autant que sa portée. C’est mon avis. Mon ambition est de parvenir à un objet brut, sensationnel, irréductible, « classique », à partir de moyen sophistiqués.

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G.Forstner - "four-legs-good-two-legs-better"-2015-250x200-cm-oil-on-linen-tia-collection-usa

G.Forstner.Thanksgiving-2015-195x162-cm-oil-on-linen-private-collec1

G.Forstner.Thanksgiving-2015-195x162-cm-oil-on-linen-private-collection

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